LA TRES EXCELLENTE
ET TRES PITOYABLE TRAGEDIE
Libre adaptation de « Roméo et Juliette » de William Shakespeare à jouer dans la rue en milieu rural ou urbain



« Shakespeare » disait Hugo, « quel drôle de nom…
On dirait le cri d’agonie d’un auvergnat ! »

C’est dire si l’auteur britannique ne prête pas l’échine à un respect figé et glacé… Nous, troupe de théâtre hors les murs, nous emparons de la très excellente et très pitoyable tragédie de Roméo et Juliette.

Sans scénographie, ou presque : un cadre nous accompagne, pour créer des gros plans, focus, hors champs, entrées, pour décadrer ou recadrer quand il le faut.

Sans Roméo ni Juliette, ou presque : nous choisirons les jeunes protagonistes parmi le public, quand la situation nous en laisse la possibilité.

Sans décor, ou presque : les rues d’une ville, ses fenêtres, ses jardins…

Sans tambour ni trompette, ou presque : une bande-­son joue quelque fois paroles et musiques.



Les artistes vous amènent à la rencontre des personnages qui gravitent autour de Roméo et Juliette, à la rencontre d’une Vérone tricotée dans la ville, à la rencontre d’eux-mêmes, aussi, et puis on ne vous lâchera pas la main jusqu’à la fin inéluctable l’excellente comédie se finit en pitoyable tragédie, car vivre tue et c’est tant mieux.

Roméo et Juliette traite de l’amour sous toutes ses formes : absolu, charnel, rabelaisien mais c’est aussi une histoire de manipulation et de pouvoir. Les jeunes amoureux ne sont rien par rapport aux luttes qui opposent les familles, ce ne sont que des marionnettes. Ils sont aussi les jouets de leur passion et la vivent dans l’urgence. Pourtant ils sont des grains de sable dans les rouages.
En suivant leur passion, ils renverseront l’ordre établi et bouleverseront les codes.

Pour cette création, nous adaptons « Roméo et Juliette » pour la rue à partir d’un travail de recherche collectif. Nous questionnons notre rapport à l’autre, les obligations face aux désirs, la liberté personnelle face aux conventions.
Jusqu’où sommes-­nous prêts à aller pour renverser la règle établie ?

Avec cette adaptation nous souhaitons créer du lien entre les gens, parler d’amour, faire vibrer la poésie et la force des passions qu’elle déploie.
Nous voulons partager un moment comique et intense, parfois tragique avec le public et rendre accessible ce texte sans le dénaturer.

Dès l'accueil, les interprètes créent une relation privilégiée en partageant leur intimité comme une histoire parallèle : celle de la compagnie en représentation. Cet artifice d'écriture nous permet de remplacer des moments de la pièce par des récits où l'intrigue est racontée. Par ailleurs des mises en situation de spectateurs, figurants pris dans le public pour interpréter
Roméo et Juliette vont parfois se dérouler. Ces personnages sont considérés comme des archétypes et chacun peut s’y identifier. Ce principe reste dans le jeu et la bienveillance avec le soutien des comédiens qui jouent les personnages secondaires. Ceux ci sont autant de repères qui font avancer l'intrigue et mettent en évidence les enjeux de société qui échappent aux deux jeunes amoureux.
La distribution est tournante, chaque interprète s’approprie les personnages d’une scène en s’emparant d’éléments de costumes.





Le théâtre élisabéthain
Le théâtre élisabéthain s’adapte à merveille à la rue car il instaure une grande proximité entre les acteurs et leur public. Aucune frontière ne délimite l’espace de jeu. Il fait appel à l’imagination du public pour palier au manque de moyen. On retrouve dans le théâtre de rue aujourd’hui des habiletés utilisées par le théâtre élisabéthain, l’exigence de séduire un public non captif, de nombreuses adresses au public, des intermèdes bouffons, un engagement corporel, la primauté de la parole et de la musique sur la scénographie. La pancarte « le monde est un théâtre » écrite au fronton du globe, se retrouve inscrite dans le spectacle.

Las ailas musarelas de l’amor
Shakespeare était issu du monde rural et s’en est souvent inspiré dans ses pièces. Il n’hésitait pas à utiliser les langues régionales britanniques pour camper certains de ses personnages. L’occitan, trouve sa place dans la création. Notament à travers le personnage de la nourrice qui s’adresse souvent à Juliette dans sa langue maternelle. Pour sa musicalité on le retrouve aussi dans les scènes d’émotion ou les joutes verbales.

Décors, scénographie
L'utilisation d'un cadre de 3x2 m permet de rendre visible ce qui se joue. Il met en valeur les espaces et donne une lecture des rapports entre les personnages. C'est un repère visuel dans l'espace public et il prend une dimension cinématographique dans différentes scènes (travelling, plan serré, plan large, premier plan, arrière plan...) C'est aussi un espace où l'on entre, d'où l'on sort et qui permet une distance favorisant le récit. Il est un élément avec lequel les comédiens jouent et qui soutient les aspects dramatiques du texte. Il peut être un ring de combat ou l'entrée d'une propriété... Il sera le repère tout au long de la déambulation pour amener les spectateurs sur les différents espaces choisis.















ESCAMPE TRASTET (Vide-Grenier)
Théâtre de rue

Depuis le paléolithique, nos sociétés sont fondées sur un principe de domination d’un sexe sur l’autre. Travailler à l’égalité des sexes par exemple dans le domaine de la culture pour ne citer que celui-ci, n’est pas une tâche aisée et nous en faisons l’expérience quotidienne. Comme de nombreuses collègues nous réfléchissons aux meilleures stratégies pour faire évoluer les mentalités, le langage, tant chez les femmes que chez les hommes. Si nous voulons contrecarrer les effets de la domination masculine, nous devons être d’une grande vigilance et interroger la réelle place de la femme aujourd’hui. Nous avons choisi d’en explorer certaines facettes. Ainsi les femmes ont intégré dans leur constitution l’habitude de la métamorphose incessante : grossesses, régimes, vieillissement... Nous avons en tant que comédiennes et mères, éprouvés ces «changements». Nous avons interprété de nombreux rôles qui nous ont comblées mais il nous restait cependant une petite frustration qui était celle d’habiter le corps de l'homme et bien sûr de comprendre son fonctionnement intellectuel.

Le propos
Deux personnages, Hervé Doutreligne et Georges Clounet essayent de vendre à travers les objets d'un escampe trastet (vide-grenier) les vieux concepts qui entachent les relations hommes-femmes depuis la nuit des temps.
Électroménager (les femmes participent aux révolutions, puis on leur demande de retourner à leur cuisine), linge, pèse personne, talons très hauts.., sont des supports au discours des bonimenteurs qui se débarrassent de vieilles idées/choses.
Le spectacle s'enrichit à chaque représentation d'un artiste invité afin de partager avec lui un moment jubilatoire d'improvisation (musique, danse, théâtre).
Ce spectacle invite à la réflexion sur ce qui nous fonde et nous emprisonne dans nos relations femmes/hommes. Il n’est pas une réponse. Il espère éclairer, nourrir, questionner, et faire jaillir le rire. Les personnages très méditerranéens ne se privent pas de parler en occitan, langue riche d'expressions illustrant à merveille le propos.

« Rompre avec la domination masculine, mais cultiver le meilleur de notre héritage. » Françoise Héritier







Sur une idée de Myriam François
et Anne Thouzellier

avec : Georges Clounet et Hervé Doutreligne

Mise en scène / co-écriture :
Capucine Mandeau 
Costumes : Suan Czepczynski
Maquillages : Agnès Gourin



FICHE TECHNIQUE

Espace au sol sans dénivellation, sol plat, 6 m ouverture / 4 m de profondeur
Espace adossé à un mur ou une haie
Endroit calme pour deux personnages à voix nues.
Loge non loin du lieu de représentation avec les commodités (eaux et toilettes)









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Crédits photo : Frédéric Jaulmes